On le sait tous, la malbouffe n’est franchement pas bonne pour la santé… Pourtant, on y revient toujours. Gourmands, les aliments ultra- transformés n’ont pour autant plus rien de naturel. Et c’est bien là le problème. Dans son livre Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai, Anthony Fardet nous montre l’urgence de revenir aux fondamentaux et de manger des aliments bruts. Le 21 mars dernier, il était à Meythet pour une journée d’échanges et de débats sur le thème «Malbouffe, quelles conséquences, quelles alternatives?», dans le cadre des Rencontres Santé Mutualistes.

Les aliments ultra-transformés ont envahi nos supermarchés, si bien qu’en Occident ils représentent près de 60% des produits vendus en petites et grandes surfaces. Au point qu’ils composent actuellement la base de notre alimentation… Les aliments industriels, si attirants dans les rayons et si présents dans nos placards, sont en réalité un vrai problème tant diététique que sanitaire.

Des aliments qui n’en sont plus

Ils ressemblent à des aliments, ont le goût des aliments, mais n’en sont déjà plus. L’industrie a bien compris que, pour produire de la nourriture à bas prix, les aliments de base devaient être transformés, déstructurés, fractionnés, puis recombinés avec moult additifs, sucres, graisses, exhausteurs de goût, etc. La liste d’ingrédients est longue !
Ces produits de viennent non seulement artificiels, mais ils sont également “vides”. Enrichis en sucres, graisses et sel, ils sont par  ailleurs pauvres en vitamines, fibres et protéines, composés les plus rassasiants. Au final, on engrange les calories… et on a faim.

Des effets délétères

Un aliment est plus qu’une valeur nutritionnelle ou une somme de “bons” ou “mauvais” composants. Il est surtout une “matrice” qui englobe à la fois sa composition et des aspects plus qualitatifs, comme l’épaisseur, la densité, la forme… Et c’est cette matrice qui influence la satiété et la vitesse de libération des nutriments dans le tube digestif, permettant le contrôle du poids et de l’équilibre métabolique. Cet “effet matrice “induit qu’un aliment, pour jouer pleinement son rôle, ne doit pas être fractionné.
Ainsi, avec les aliments ultra-transformés, on perd tout le bénéfice nutritionnel des aliments bruts et une consommation trop fréquente entraîne des effets graves sur notre santé. «Ces faux aliments sont indirectement la première cause de décès dans nos sociétés occidentales» précise Anthony Fardet. Le docteur et chargé de recherches en alimentation préventive à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) a ainsi démontré que ces produits dénaturés sont responsables des principales maladies chroniques contemporaines, notamment chez les jeunes : le surpoids, l’obésité et le diabète de type 2.
Cette dérégulation métabolique est en outre responsable d’autres maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires et certains cancers digestifs.

Changer nos habitudes

On connaît tous le message «pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé ». Mais pour Anthony Fardet, il manque à ce slogan «et trop transformé». Il est donc urgent de revenir aux fondamentaux, en bannissant définitivement ces “faux aliments”. Mais encore faut-il savoir les identifier. «Ils sont totalement conçus par les industriels agroalimentaires. Leur packaging est souvent attrayant et comporte même des mentions qui poussent le consommateur à croire que les produits seraient bons pour la santé.» Pour les reconnaître, il suffit de lire la liste des ingrédients. Si on compte plus de 5 composants sur un paquet, on ne le prend pas.
Revenir à une alimentation saine, c’est manger des produits bruts que l’on cuisine soi-même, privilégier des viandes, des fruits et des
légumes locaux et bios… pour améliorer son espérance de vie en bonne santé, tout en respectant les animaux et en protégeant l’environnement.

La santé bucco-dentaire liée à l’alimentation

En 2015, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelait les industriels à réduire les sucres présents dans les aliments transformés, pour réduire le risque d’obésité, mais aussi de carie dentaire. 9 ans après, le problème demeure… En effet, les bactéries présentes dans la bouche transforment les sucres cachés de votre alimentation en acides – acides qui attaquent l’émail des dents et provoquent les caries.
En bref, plus on mange ultra-transformé, plus on s’expose à ces risques dentaires. A contrario, ceux qui mangent principalement des produits bruts ont moins de caries. Alors pour protéger sa bouche et ses dents, une seule chose à faire, se remettre à cuisiner des produits frais et non transformés !

L’acrylamide inquiète les associations

Cette substance cancérogène se retrouve dans certains aliments industriels riches en amidon : en cas de cuisson à haute température, ce composé se forme naturellement. Dix associations de consommateurs ont testé quelque 500 produits et le constat est alarmant. L’inquiétude porte particulièrement sur les biscuits industriels et les chips de légumes, qui atteignent ou dépassent les valeurs d’acrylamide recommandées. Mais pour les associations, il faut baisser les teneurs indicatives actuelles et alerter les consommateurs sur les dangers d’une trop forte exposition à ce composé.

Le dioxyde de titane devrait disparaître de nos aliments

Ce composé, apparaissant sur les étiquettes comme “E171”, est un additif alimentaire qui entre dans la fabrication de confiseries, de gâteaux et de plats cuisinés. Ce qui pose problème, c’est sa forme : ce sont des nanoparticules, qui, avalées, peuvent pénétrer dans certaines parties du corps et s’y accumuler. Une étude de l’INRA* publiée en janvier 2017, montre que l’exposition des rats au dioxyde de titane par voie orale est susceptible d’entraîner des lésions colorectales précancéreuses. Prévue dans la loi Agriculture et Alimentation votée en novembre 2018, la suspension de l’additif incriminé devrait être effective d’ici quelques semaines.

*Institut national de la recherche agronomique

Source : Bonne Santé Mutualiste n° 85, avril,mai 2019

VOS MUTUELLES S’ENGAGENT

La malbouffe est un problème de santé publique, bien symptomatique de la recherche du profit orchestré par les multinationales agroalimentaires. Nos mutuelles luttent contre ce fléau par la tenue de multiples réunions d’information sur l’alimentation, menées par leur service prévention.

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