Quand ruminer nuit à la santé

L’overthinking – littéralement “trop de pensées” en français – a débarqué dans l’hexagone, suite à la traduction des recherches de Susan Nolen-Hoeksema. Cette professeur de psychologie a en effet découvert ce syndrome qu’elle a qualifié d’overthinking après nombre d’études sur le sujet. C’est notamment sur une étude menée sur mille trois cents personnes choisies au hasard, que la chercheuse s’est aperçue que 63% des jeunes adultes et 53% des quadras peuvent être considérés comme des overthinkers.

Alors, qu’est ce que l’overthinking ?

Souvent à l’heure de dormir, les pensées se heurtent, les émotions envahissent, les questionnements angoissent, et la réflexion intensive engendre l’insomnie. Submergé par ses pensées, l’overthinker reste éveillé toute la nuit et ressasse les événements de la journée, tout en se demandant s’il a bien agit dans les actions présentes puis passées. Alors, intervient les regrets et la culpabilité, le doute s’installe et la capacité à relativiser est quasi nulle. C’est ce que nous explique Claude, 46 ans, mère de deux enfants, adhérente mutualiste et sujette à l’overthinking, « Lorsque que je vais me coucher, je sais déjà que cela va être un combat contre mes pensées. Elles tournent dans ma tête, je recommence ma journée, les enfants, le travail, j’analyse et je doute. Que cela soit au niveau professionnel ou personnel, tout y passe. »
Ce syndrome peut être destructeur, et peut entraîner des dépressions ou des addictions. Effectivement, l’overthinking bloque les envies et empêche les personnes sujettes d’avancer, notamment parce qu’elles ne parviennent pas à mettre leurs idées au clair pour comprendre et agir tant elles sont submergées par leurs doutes. Marie, 31 ans, adhérente mutualiste, tout juste mère, nous raconte son syndrome « Lorsqu’un événement arrive, je me pose beaucoup de questions, comme après la naissance de mon fils par exemple, où je me demandais si j’étais assez présente, si j’avais bien pris soin de lui, si il allait bien… Tout semblait se compliquer au coucher et les  insomnies étaient pesantes. »
Selon les études de Susan Nolen-Hoeksema, les femmes sont plus sujettes à l’overthinking et cela serait lié à leur éducation. Les femmes ont appris à être à l’écoute et à discuter des problèmes, alors que les hommes, eux, sont plus incités à réagir vite et de manière efficace. Alors les femmes ressasseraient plus que les hommes, et douteraient nettement plus. Pour comprendre le problème et ses conséquences, cette professeure de psychologie a écrit un livre, paru en 2013 chez Marabout, “Pourquoi les femmes se prennent la tête ?”.

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Nos conseils

Nous aussi à Bonne Santé Mutualiste nous avons des overthinkers. Voici quelques petites astuces pour éviter de ressasser :
• Avant d’aller dormir, lisez quelques pages d’un livre pour vous détendre.
• Buvez une tisane afin de vous relaxer.
• Une fois allongé, faites le vide dans votre tête (méditation et sophrologie sont d’excellentes pratiques).
• Si vous vous réveillez, n’hésitez pas à rompre de vous même le rythme du sommeil. Éventuellement, levez-vous, buvez de l’eau, lisez à nouveau quelques pages, détendez vous à nouveau (sans télévision).
• Quant aux émotions, il faut réussir à les assumer et à les contrôler. Effectivement, dépasser ses émotions et apprendre à les gérer en les acceptant permet de les exprimer au mieux.

Source : Bonne Santé Mutualiste 74, juillet-Août 2016

1/3 des personnes âgées consomment des somnifères, soit 5 fois plus que nos voisins européens.

Or, seules 2 plaintes sur 10 relèveraient de l’insomnie à proprement parler. La Haute Autorité de Santé (HAS) a tiré la sonnette d’alarme. Les somnifères entraînent des effets secondaires graves: dépendance, chutes, troubles de la mémoire, démence.

Source : Bonne Santé Mutualiste 59, octobre 2012

Les sommeil est important chez les adolescents.

Pourquoi ? Combien de temps ?

Les collégiens dorment de moins en moins avec un temps de sommeil qui passe de 9 h10 en classe de 6e à 8h08 en 3e . L’usage d’Internet le soir réduit encore le sommeil de 30 à 45 minutes. Au grand dam des médecins, car le sommeil joue sur la santé…

Quels sont les risques du manque de sommeil ?

C’est le moment où l’on reconstitue les cellules musculaires et nerveuses. Le manque de sommeil entraine donc de la fatigue, des troubles de l’humeur, mais aussi des troubles de l’apprentissage : il est plus difficile de se concentrer, de mémoriser, de comprendre.
Des chercheurs ont montré que les résultats scolaires sont moins bons chez les adolescents qui dorment peu. Les carences de sommeil peuvent en outre avoir des répercutions sur le poids (risque d’obésité) et la croissance. Plus faible, on est aussi plus sujet aux rhumes, gastros, etc.

Quelles sont les bonnes habitudes pour un sommeil réparateur ?

Il faut éviter les repas copieux et tardifs et les boissons énergisantes le soir. Les devoirs, jeux sur écrans, conversations téléphoniques juste avant de se coucher retardent l’endormissement. Il vaut mieux lire un livre (les écrans rétroéclairés abaissent la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui induit le sommeil) et aller dormir dès l’apparition des signes de fatigue : bâillements, yeux qui piquent… Enfin, il faut avoir des horaires réguliers et ne pas trop se décaler le weekend. Dans la chambre, il faut maintenir la température à 19°, occulter la lumière et éviter les sources lumineuses comme les veilleuses d’ordinateur et de télé, qu’il vaut mieux, comme le téléphone portable, ne pas avoir dans sa chambre.

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