Le supermarché est-il encore roi dans nos pratiques de consommation ? Pratique, réunissant tous les produits que nous consommons, il a rapidement détrôné la petite épicerie du quartier. Pourtant, depuis quelques années, la résistance s’organise, face à ces mastodontes… pour une consommation plus saine et plus responsable. Le règne du supermarché est-il bientôt terminé ?

Les divers scandales concernant la filière de l’agro-alimentaire tendent à ébranler le marché si juteux des supermarchés.
Scandales de la viande de cheval, grandes enseignes qui licencient à tout va en distribuant de substantiels dividendes aux actionnaires, producteurs qui survivent à peine… De plus en plus de consommateurs privilégient les circuits courts, pour des raisons de fraîcheur, bien souvent de qualité, mais aussi d’éthique.

Bon pour la santé…

Choisir de tourner le dos aux supermarchés n’est pas anodin. Cela nécessite un changement profond dans sa manière de consommer, et une prise de conscience globale. Se rapprocher des producteurs, c’est manger de saison, manger varié et de meilleure qualité, et surtout réapprendre à cuisiner.
Au début des années 2000 les AMAP (voir encadré) ont été précurseurs. Elles fournissent désormais en fruits, légumes et parfois viande, plus de 300 000 personnes en France. Depuis, avec l’avènement du numérique, de nombreuses manières de manger local et en circuit court ont émergé avec des sites internet spécialisés tels que La Ruche qui dit Oui ! et même des supermarchés paysans comme Cœur Paysan à Colmar. Ces derniers proposent des menus sains, cuisinés, variés, et dénués de produits industriels, voilà déjà de quoi convaincre !

… et pour la société

Consommer bio et en circuit-court, c’est certes protéger sa santé, mais c’est aussi adopter une éthique de consommation responsable qui protège tous les acteurs de la chaîne. C’est choisir de ne plus soutenir financièrement les grandes entreprises agro-alimentaires pour favoriser l’économie de proximité, le patrimoine local et le terroir, pour une rémunération plus juste des producteurs et des agriculteurs. Et contrairement à ce qu’on pense, ça ne coûte pas forcément plus cher ! En circuit court, on préfère les produits bruts, qui coûtent moins  cher, aux produits transformés et on est moins tenté par les achats inutiles et superflus. Alors, on commence quand ?

 

Source : Bonne Santé Mutualiste n°83, octobre 2018

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